Restauration :
Attention ! Pas de rÉnovation

NE MÉLANGEONS PAS TOUT en matière d’intervention sur le patrimoine !

Conserver, c’est veiller, essentiellement par des mesures préventives, à ce que le patrimoine ne se dégrade pas. La conservation prévention, c’est-à-dire l’entretien régulier, est le meilleur moyen de ne pas avoir à réaliser des restaurations lourdes.


Restaurer, c’est rétablir, remettre en bon état, sans pour autant vouloir effacer les traces des interventions ultérieures.

Idéalement, la restauration impliquerait la remise en état technique, en état d’usage : un moulin devrait pouvoir moudre, un four à pain devrait pouvoir cuire. Lorsque certains éléments du patrimoine doivent être remplacés, seuls les matériaux, les techniques et les façons de faire traditionnels sont légitimes.

Deux règles d’or pour ne pas se tromper :

Ne pas en faire trop : on fuira l’originalité à tout prix, qui mène au « faux vieux ». Restaurer doit se pratiquer avec respect et discrétion.
Ne rien faire d’irréversible : toute intervention sur le patrimoine, y compris à des fins de sauvegarde et de protection, doit permettre un retour à l’état initial.

Réaffecter, c’est donner une nouvelle fonction. Bien des éléments du patrimoine n’ont plus aujourd’hui leur fonction traditionnelle : granges, moulins, voire églises, etc. Leur trouver une nouvelle vocation apparaît souvent comme le meilleur moyen d’assurer leur conservation.

RÉNOVER, RÉHABILITER OU RESTITUER

Ces trois modes d’intervention sur le patrimoine ne contribuent guère à sa mise en valeur et ne sont donc pas préconisés.Toutefois, ils interfèrent souvent avec la restauration ou la réaffectation et, à ce titre, doivent être mentionnés.

Rénover, c’est remettre à neuf un bâtiment ou un objet jugé vétuste. La rénovation peut aller jusqu’à la destruction complète de l’objet et sa reconstruction, sans souci de restauration. Cette solution est presque toujours la moins coûteuse, mais souvent est irrespectueuse de l’histoire et des techniques du bâti ancien.

Réhabiliter, c’est remettre aux normes de confort, d’hygiène et de sécurité des habitats jugés trop anciens au regard des exigences contemporaines. Or l’application stricte des règles d’urbanisme, prévues pour le bâti neuf, menace souvent l’intégrité du bâti traditionnel : surélévation de planchers, ouvertures démesurées dans les vieux murs, etc.

Restituer, c’est rétablir, remettre dans son état premier. Ce mode d’intervention aboutit souvent à une reconstruction dans un état originel qui n’a jamais existé, un état originel parfait. Cette recherche d’homogénéité entraîne la destruction de toutes les parties postérieures à la date de construction, qui font pourtant, elles aussi, partie de l’histoire du bâtiment.

RESTAURATION MODE D’EMPLOI

Chaque maison est unique. Pour préserver son histoire et l’âme des lieux, il faut bien connaître les caractéristiques de la demeure, les matériaux utilisés pour sa construction et les différents styles architecturaux présents. Pour réussir une restauration, il ne faut pas hésiter à demander de nombreux conseils et surtout faire appel à des professionnels locaux, qui connaissent les traditions et spécificités régionales et qui peuvent établir des diagnostics.